À l’approche de l’anniversaire
Du fatidique
7 octobre,
J’écoute à la radio israélienne
Les témoignages
Discrets, mais ô combien
Déchirants,
Des parents des soldats
Qui ont été tués
En essayant tant bien que mal,
De défendre les communautés
Des villes frontalières
Où des massacres de civils,
Ont été perpétrés.
Ces victimes,
Peu de gens s’en souviennent.
Souvent de jeunes conscrits,
Où leurs aînés, des réservistes.
De simples citoyens,
Appelés annuellement
pour protéger
La grande famille
Israélienne.
Car, à qui veut l’entendre,
Ils affirment :
« Nous n’avons pas d’autre pays. »
Une phrase qui, plus que jamais,
Résonne comme une vérité
Dure
Et irréfutable.
C’est par ces mots
Que j’adresse à leurs âmes
Et à leurs familles
Mon modeste hommage.
-
Discrétion
-
Rappetous
Que ce soit dans le pays
de l’oncle Sam
ou dans celui du cousin Bibi,
on constate régulièrement
des tentatives de rapt de la démocratie,
Par des personnes en pouvoir,
Et de moralité “douteuse”,
pour s’emparer
Du pouvoir absolu.
De vrais Rappetous,
comme dans les séries
d’un autre Donald,
plutôt canard
que connard.
Alors, je suis allé puiser
aux sources de nos écrits.
Pour voir comment cela
Se passait chez nous naguère.
Car c’est parfois
dans les vieilles casseroles,
comme celles où mijote
le meilleur tcholent,
que l’on retrouve
les meilleures recettes.
Et que voit-on,
ô surprise ?
À peine sortis d’Égypte,
en plein désert,
notre valeureux peuple
décide de travailler
Sur son organisation sociale
dès lors, c’est
la justice qui est organisée
en la confiant
à des juges ” populaires”
Pour ce faire,
Moïse a sélectionné des hommes reconnus
pour leurs compétences morales
Pas mal du tout
pour une peuple
qui vient à peine
de sortir de l’esclavage.
Et puis, bien plus tard,
arrive sur scène
le premier roi, Saül.
Car cette fois,
c’est le peuple qui réclame,
bizarrement :
« Donne-nous un roi,
comme toutes les nations. »
C’est le début des misères.Selon les écrits,
la Bible enjoint au roi
-tiens, tiens-
“de ne pas accumuler
excessivement chevaux,
femmes et richesses”.
Ah !
Déjà, à l’âge du Bronze,
on savait d’où venait le danger.
O tempora, o mores. -
On ne fait que passer
…Dans ce bas monde
— en yiddish dans le texte,
bien entendu —
disait souvent la grande-mère,
De mon épouse,
avant de demander illico
de vérifier dans la nécrologie
du Soir
si son nom y figurait déjà.
La fragilité de l’existence
est toujours là.
Ce qui me fait penser
à ce beau passage du Talmud.
Je cite :
“ Voici les choses
dont l’homme mange
les fruits dans ce monde-ci,
tandis que le capital
lui demeure
pour le monde à venir.”
Une première lecture
nous invite à faire le bien
et à en récolter
les fruits,
ici-bas.
Et pour ceux qui y croient,
le solde sera livré
dans l’au-delà.
Mais une interprétation
qui me plaît particulièrement :
Le monde qui nous est livré
à la naissance,
ce « capital »,
c’est à nous de le cultiver
au mieux
durant notre existence.
Et si nous y parvenons,
c’est littéralement ce
capital,
que nous léguons
à la génération suivante.
On ne fait que passer
dans ce bas monde. -
Gott mit uns
Un ami me rappelait récemment
qu’en Cisjordanie,
il n’y a plus que
l’organisation
« Rabbins pour les Droits de l’Homme »
qui soit encore présente sur le terrain
pour essayer de faire respecter la loi.
Mais surtout, et avant tout,
de faire respecter la morale.
À vrai dire, on pourrait s’en étonner,
car ce sont malheureusement parfois
des personnes qui se disent, elles,
« religieuses »,
qui commettent des actes monstrueux
contre leurs voisins arabes.
Et tout cela, disent-elles,
au nom de leur Dieu,
qui le leur aurait ordonné.
Déjà naguère,
d’autres vandales commettaient
des actes innommables,
tout en portant leurs fameux ceinturons
ornés de l’infâme devise :
« Gott mit uns ».
Curieusement, c’est l’Évangile selon Matthieu (1,23),
se référant aux prophéties du Livre d’Isaïe (7,14),
qui appelle Jésus, l’Emmanuel (עמנואל),
c’est-à-dire : « Dieu avec nous »,
ou “Gott mit uns”, en allemand.
Quand l’humain abandonne les préceptes moraux
pour plonger dans la bestialité
— et là, je manque sans doute de respect
aux animaux —
il invoque souvent son dieu,
dont il prétend avoir entendu
les silencieuses injonctions meurtrières.
Comment oublier,
que les religions furent d’abord conçues,
pour organiser la vie humaine
et, précisément,
éviter que nous nous entre-tuions ?
Ayons au moins la décence,
de laisser les dieux en dehors de tout cela,
et de revenir à ce simple précepte :
vivre et laisser vivre. -
Balagan
C’est ainsi que ma vieille tante,
du haut de ses 95 ans,
décrit la situation
lorsque je lui téléphone
après des attaques
de missiles expédiés d’Iran
avec les compliments
de leur « Lider Massimo ».
Mine de rien,
elle dispose de 90 secondes
pour « courir »
vers un abri
inexistant
au neuvième étage
de son EHPAD.
Elle se retrouve alors
dans un ascenseur
qui, de toute façon,
ne peut même pas
la conduire
jusqu’aux abris.
Et elle appelle ça
un balagan.
Mot bien tendre,
passé du yiddish
à l’hébreu moderne,
pour désigner
un petit et gentil
chaos.
Mot utilisé
le plus souvent
avec un brin de tendresse.
En réalité, le mot balagan
trouve son origine
dans un mot persan :
bâlâxâne.
Quand ma tante parle de
balagan,
c’est donc en parfaite
connaissance de cause.
Elle ne fait que commenter
l’actualité
dans la langue même du…
missile iranien. -
Dur d’être optimiste
C’est ce qu’un ami
Vient de m’écrire ce matin
Et je le comprends
ô combien.
Me revient cette phrase
De la mère Golda
Qui incarnait à travers
Tous les moments
Difficiles.
Cette force tranquille,
Qu’on aimerait tous avoir :
“Le pessimisme est un luxe
qu’un Juif ne peut
jamais se permettre”
En rentrant hier après midi
En tram,
Avec mes piou piou
Sionistes,
Une dame m’apostrophe
Très gentiment
“Ils parlent aussi le flamand ?”
Et je lui réponds
Du tac au tac
Ils parlent français et hébreu.
Elle se met à chantonner :
” Hava naguila”
En ajoutant:
“C’est le chant de la joie”
Il est vrai que c’est dans l’adversité
Que l’on découvre ses vrais amis.
Et parfois aussi
Dans un tram bruxellois
Au détour d’une rencontre
Mon cœur chante ! -
« La paix »
Déjà avant 1948,
année où ce peuple
de chanteurs
a enfin acquis
son indépendance,
on aurait recensé
quelques 4 600 chants
contenant ce thème:
La paix.
Curieux, tout de même,
pour un peuple
que l’on décrit
comme sanguinaire :
buveur de sang,
Consommé à la louche,
ou incorporé
dans les délicieuses
matzot…
Et, plus récemment,
comme génocidaire.
Alors, comment expliquer
qu’un peuple que l’on présente
comme assoiffé de sang
ait passé tant de temps
à chanter la paix ?
À moins, bien sûr,
que quelque chose
ne colle pas
dans le portrait qu’on en fait. -
Débat
J’écoute un débat houleux
Entre deux représentants
De partis politiques
Arabes et antisionistes.Courtois néanmoins.
On y parle d’alliances,
Ainsi que de la meilleure manière
D’attirer les électeurs
Aux urnes.Car c’est là
Un des problèmes
Les plus criants.Ce droit acquis
Depuis le début de ce jeune état
N’est pas toujours exercé
Par ceux qui en bénéficient.Dans cette société arabe
Patriarcale
Et partiellement tribale,Les choix individuels
Ne sont pas toujours
Pleinement assumés.Ce débat, je le suis
Sur les ondes
De Galeï Tsahal,Cette station de radio
Mise en place
Il y a belle lurette
Pour maintenir le contact
Entre les trouffions
Et leurs familles.Cet État que certains
Décrivent comme relevant
De l’apartheid,Voire comme génocidaire,
Permet pourtant
Ce genre de débats
Démocratiques.Et foi de témoin,
Les débatteurs
Ne sont vraiment pas
Des Quislings. -
Tripes de Caen
À quand les tripes ?
C’est pour bientôt.
Pour les juifs croyants,
On y passe tous
D’ici quelques semaines.
Leur sondage,
S’entend,
Est effectué
Par l’Éternel,
Et ce à l’occasion
De Kippour,
Le Grand Pardon.
C’est curieux quand même,
Ce trip qu’ils ont tous
Sur les tripes.
Déjà le Haruspice
Se penchait naguère
Sur celles des pigeons
Pour essayer de prévoir
L’avenir.
En fait,
C’est une sorte
D’examen.
Input/output,
Comme disent les Anglais.
Trash in, trash out.
Ou plus simplement :
Dis-moi ce que tu bouffes,
Je te dirai qui tu es.
Peut-être peut-on
Procéder de même
Avec l’âme.
Première session
À Roch Hachana,
Deuxième session
À Kippour.
-
Union Saint-Gilloise
Étant un ignare complet
En matière footballistique,
Je viens de lire
Dans la gazette
Que 21 millions d’euros
Viennent de d’être encaissés
Pour un de leurs joueursEn effet,
Notre valeureux club,
L’Union Saint-Gilloise,
Avait hébergé un sioniste
Pur porc dans ses rangs.
Dans leur équipe !Une saine colère
— pour paraphraser
La valeureuse leaderette
De la défunte gauche française,
Mode classique —
Bouillonne dans mes veines,
Heureusement,
A posteriori.Car à présent,
Le mal a été déraciné.Ouf.
J’avais déjà préparé
Les calicots ad hoc.Seul hic :
Le sportif incriminé,
Et coupable, bien entendu,
De crime d’apartheid
Et de génocide,
Était…Arabe israélien
En wat nu ?