On ne fait que passer


…Dans ce bas monde
— en yiddish dans le texte,
bien entendu —
disait souvent la grande-mère,
De mon épouse,
avant de demander illico
de vérifier dans la nécrologie
du Soir
si son nom y figurait déjà.
La fragilité de l’existence
est toujours là.
Ce qui me fait penser
à ce beau passage du Talmud.
Je cite :
“ Voici les choses
dont l’homme mange
les fruits dans ce monde-ci,
tandis que le capital
lui demeure
pour le monde à venir.”
Une première lecture
nous invite à faire le bien
et à en récolter
les fruits,
ici-bas.
Et pour ceux qui y croient,
le solde sera livré
dans l’au-delà.
Mais une interprétation
qui me plaît particulièrement :
Le monde qui nous est livré
à la naissance,
ce « capital »,
c’est à nous de le cultiver
au mieux
durant notre existence.
Et si nous y parvenons,
c’est littéralement ce
capital,
que nous léguons
à la génération suivante.
On ne fait que passer
dans ce bas monde.

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