Author: sender

  • Terrible paradoxe

    Mon ami Marco,

    né en RDA,

    étudiant

    durant la réunification,

    cassait naguère

    Du facho,

    lors des manifestations.

    Car autant qu’il

    abhorre le régime communiste,

    il n’en pense pas moins

    des fascistes

    qui, d’emblée,

    sortent leurs griffes.

    C’est comme si,

    habitué à une dictature,

    on aimait vivre

    sous une autre.

    Dans cet État de Saxe-Anhalt,

    Marco est farouchement

    philosémite

    et pro-israélien.

    Il se lamente

    qu’à Berlin,

    porter une kippa

    soit devenu un acte de bravoure,

    avant de se la faire

    jeter à terre.

    Les années ont passé.

    Il a étudié les programmes

    de tous les partis traditionnels,

    qu’il décrit comme clientélistes

    à l’égard de la population

    musulmane.

    Et dès lors, affirme-t-il,

    Il pratiquent

    le laisser-faire

    vis-à-vis des Juifs

    et d’Israël.

    Il m’a contacté avant-hier

    pour me demander

    mon approbation ?

    Il a décidé de voter

    pour l’AfD,

    l’alter ego

    du RN.

    Prémices

    des élections

    en France ?

    Quel désastre.

  • Nouzôtres

    Bien sûr.

    Des « vouzôtres »,

    On me l’assène

    Et pas nécessairement

    Avec malveillance.

    “Vouzôtres,

    Qui excellez

    En commerce.”

    On pense faire

    Un compliment.

    Alors reste le choix

    Entre faire

    une dissertation

    Expliquant les raisons

    Historiques

    Ou un regard gêné,

    Regardant ailleurs,

    Que sais-je ?

    Mais franchement,

    C’est embarrassant.

    Moi qui me casse

    Le cul à extirper

    Ces préjugés

    Des têtes blondes

    — enfin, façon de parler —

    Lors de mes ateliers

    Dans les classes…

    Le top du top,

    J’y ai goûté

    Lorsqu’une institutrice

    A levé les yeux,

    Paresseusement,

    Entre deux corrections

    De devoirs

    Qu’elle effectuait

    Durant mon intervention,

    Pour me demander

    L’explication,

    D’initiée à initié,

    Du lien entre

    Les diamants

    Et les Juifs.

    Au secours.

  • Pots de viande

    d’Égypte

    C’est ce que réclame

    Le Peuple élu

    Alors qu’il passe

    De l’esclavage cruel

    Sous la houlette

    Du Pharaon

    Vers la liberté.

    Paradoxal.

    Et peut-être

    Prophétique.

    Quand on observe

    Le résultat des courses

    Lors des dernières élections

    En ex-RDA.

    On évoque souvent

    La nostalgie de la République

    Dite démocratique

    Qui ont pu influencer

    Le choix des électeurs

    Non pas forcément

    La chasse aux dissidents

    Ou d’un retour

    À la dictature,

    Mais d’un monde

    Où tout semblait

    Plus simple,

    Plus prévisible.

    Exit les tortures,

    Les dossiers de la Stasi,

    La délation réciproque,

    L’interdiction de quitter

    Le paradis socialiste.

    Tout cela semble

    S’être estompé.

    Dans les replis

    De la mémoire collective.

    Ah,

    Les prophéties

    Du Livre saint.

    Elles en disent long

    Sur les hommes.

  • Vahiné

    c’est gonflé.

    Ancienne réclame,

    comme on disait à l’époque.

    Ah, les îles enchanteresses,

    ça fait rêver.

    Ce matin, à Toulon,

    j’en aperçois une

    que je reconnais

    à la gardénia

    délicatement insérée

    dans son abondante chevelure.

    Mazette !

    Ces lointaines provinces

    où sont nés

    leurs ancêtres,

    les Gaulois ?

    Il s’agit bien entendu

    de colonies,

    de vraies,

    à l’ancienne,

    conquises

    au fil de l’épée.

    Peu de manifestations

    pour sauver

    le Grand Sud,

    qui, pour certains

    de tous les indignés,

    commence en Cisjordanie

    et s’arrête à Gaza.

  • Guillaume Tell

    L’a utilisée

    Dans les Alpes

    Pour démontrer

    Son adresse

    D’archer

    La pomme,

    Ce fruit modeste

    Aux rondeurs

    Sympathiques

    Ornera bientôt

    Nos tables

    Avant d’être plongée

    Dans la douceur

    Du miel

    Un fruit

    Dont la Bible

    Ne révèle jamais

    Le nom

    Et puis

    Tout le monde

    Connaît la suite

    Notre innocence

    S’est envolée

    Le jour où

    Nous avons goûté

    À la connaissance

    Ce couteau

    Souvent

    À double tranchant

    Capable du pire

    Comme du meilleur

    Alors j’ai songé

    Que cette coutume

    De tremper la pomme

    Dans le miel

    Est

    Une invitation

    À tempérer

    Le savoir

    Par l’humanité

    À adoucir

    Nos certitudes

    Pour guider

    Nos pas

    Durant l’année

    Nouvelle

  • Stupeur

    C’est ce mot

    Qui décrit au mieux

    Mon ressenti

    À l’écoute

    De Miri Maman

    Récemment passé

    Sur i24.

    Elle y relate

    Qu’un « journaliste »

    A estimé que les massacres

    Du 7 octobre

    Étaient montrés

    Dans un épisode

    Récent de Fawda

    « Sans pudeur »

    My God !

    Où reste donc

    La bienséance

    Qui va de pair

    Avec la pudeur ?

    Les femmes violées

    Avant d’être égorgées,

    Ont-elles bien déclamé

    Auparavant :

    « Quand je dis non, c’est non » ?

    Ont-elles consciencieusement

    Offert leur droit

    À l’image,

    Avant d’être sauvagement

    Achevées ?

    Tout se perd.

    Tiens, mes grands-parents

    Et leurs enfants

    Ont eu cette terrible

    Outrecuidance

    De rentrer tout nus

    Dans les chambres

    À gaz.

    Ah, ces Juifs !

    Ils ne savent pas

    Se tenir

    En société.

  • Mourkav

    Ce qui me fait plaisir

    En lisant l’hébreu

    C’est la multitude

    Des sens qu’on peut

    Trouver dans les mots

    En se retenant littéralement

    À leurs racines

    Un exemple

    Qui m’interpelle

    Particulièrement

    Est le mot

    “Compliqué”

    Qui se dit

    “ Mourkav”

    En hébreu

    Ces dernières années

    Nouzôtres, dans le sens

    Large du terme

    On a passé

    Des temps difficiles

    Ce qui est un

    Understatement

    Comme disent les

    Grands bretons

    En bien, en hébreu

    dans la presse

    Des difficultés, voire

    Des catastrophes

    sont souvent

    exprimées en terme

    De “mourkav”

    Alors, Yankele

    Accouche

    Où veux-tu en venir ?

    En déterrant la racine

    Du mot

    On découvre

    “ Rekhev”

    C’est à dire,

    Une voiture,

    Un engin

    Qui avance

    Et qui porte.

    Comment ne pas être

    Optimiste

    Dans cette ambiance

    Verbale ?

  • Kapara

    Papa la faisait

    Tournoyer au-dessus

    De nos têtes.

    On sentait discrètement

    La chaleur de la bête

    Un côté charnel,

    Rassurant.

    Pourvu

    Qu’elle se retienne

    De faire ses besoins..

    C’est ce qu’on espérait

    Tout en récitant la prière.

    « Voici mon expiatoire

    À qui je transfère

    Mes péchés. »

    Mais bien sûr,

    Il s’agit du rite

    De la Kapara

    Signifiant l’expiation,

    Que mes parents

    Pratiquaient

    Quand j’étais petit.

    Entre Rosh Hashanah

    Et Kippour

    Rite millénaire,

    Parfois contesté

    Par certains de nos sages,

    Pour son côté

    Quelque peu superstitieux.

    Ce poulet que l’on faisait

    Tournoyer au-dessus

    De nos têtes,

    En marmonnant nos prières

    Et en lui transférant ainsi

    Nos péchés,

    Était ensuite expédié

    Par le sacrificateur,

    Vers les steppes éternelles

    Des poulets.

    Faut savoir

    Qu’en hébreu,

    On appelle gentiment,

    Son petit chouchou :

    « Ma Kapara ».

    Plus rien à voir

    Avec le poulet sacrifié.

    Juste une manière,

    Un peu bizarre,

    Je l’admets,

    D’exprimer

    Son amour infini.

    Une façon de dire,

    À l’envers,

    Qu’on est prêt

    À se sacrifier

    Pour son enfant.

    L’archétype

    De la “yiddishe mamme”,

    En est le résultat.

    « Moïshele,

    Si tu ne finis pas ton potage,

    Je me jette par la fenêtre ! »

    Soupir.

  • Allahou Akbar

    Mon sujet n’est bien entendu
    Pas un quelconque appel
    À la violence,
    Mais plutôt un rappel
    De la proximité
    De certains mots arabes
    Et hébraïques.

    En hébreu, ces mots
    Correspondent au nom
    D’un leader juif
    De l’ère de l’exil
    Babylonien :
    Gedalia,
    Dont le nom signifie :
    « Dieu est grand ».

    On commémore ce lundi
    Son assassinat
    Par un autre juif.

    Et alors ?

    Malheureusement,
    Il ne faut pas un appel
    « Allahou Akbar »
    Pour appeler
    Au meurtre de Juifs.

    L’histoire nous démontre
    Que parfois
    Ces abominations se font
    « Entre nous ».

    D’ailleurs, selon
    Notre tradition,
    Dieu aurait causé
    Notre dispersion
    Parmi les peuples
    À cause de la
    « Haine gratuite »
    Qui se distille parfois
    Entre nouzôtres.

    Je pense qu’aujourd’hui,
    En particulier,
    Nous avons beaucoup
    À apprendre
    De ce terrible
    Événement.

  • Vingt-cinq minutes

    de « standing ovation ».

    C’est effectivement

    ce à quoi on doit s’attendre

    quand deux Israéliens

    se tirent dans les pieds

    en public.

    Enfin des « pas en mon nom »

    juifs,

    dans des endroits chic

    et bon genre.

    Même pas une surprise.

    Autant faire

    hara-kiri en public,

    « God forbid »,

    en s’écriant :

    « On ne se défendra plus jamais ! »

    Promis, juré.

    J’ajouterais même

    des excuses publiques

    de ne pas avoir accueilli

    les meurtriers du 7 octobre

    en les embrassant sur le front,

    comme l’ont fait

    certains otages,

    « volontairement »,

    avant d’être libérés.

    Ah, ces propos déjà

    oubliés,

    quand les premiers otages libérés

    ont été décrits par leurs geôliers

    comme ayant été leurs

    « hôtes ».

    Effectivement,

    certains réalisateurs

    de films israéliens,

    ne savent plus où donner

    de la tête

    pour faire carrière ?

    C’est en essayant de démontrer

    les présumées abominations

    des soldats israéliens

    qu’ils démontrent au contraire

    les efforts que font ces derniers

    pour éviter, autant que possible,

    les dommages civils,

    qu’on appelle,

    tristement,

    « collatéraux ».

    Ce qu’ont aussi fait

    les Iraniens,

    en ciblant exclusivement

    des civils

    avec leurs missiles balistiques,

    et les meurtriers du Hamas

    avec leur déluge de roquettes

    sur les centres urbains,

    exclusivement.

    Ah oui, justement,

    leurs équipes chargées

    d’éviter les bombardements

    de civils

    étaient en congé maladie.

    Quelle guigne…