Author: sender

  • Comportement

    Un mot qui revient

    Constamment.

    Le comportement d’Israël.

    Un peu comme celui d’un enfant

    « méchant »,

    « turbulent »,

    « agressif ».

    Il est vrai,

    Les critiques,

    Juives comme non juives,

    À l’égard d’Israël

    Peuvent être justes.

    Dès lors qu’il s’agit d’êtres humains,

    Les attitudes peuvent être

    Aussi louables

    Que détestables.

    Bien sûr,

    On aurait aimé

    Pouvoir contempler

    Un pays d’Israël

    Où chacun est assis

    Sous sa vigne,

    Où le loup vit en paix avec la brebis,

    Où la lance est reforgée en charrue,

    Comme le décrivent

    Nos Livres.

    Mais un pays en guerre constante,

    Quel qu’il soit,

    Depuis près de quatre-vingts ans,

    Dont le péché originel,

    Pour certains,

    Est son existence même,

    Mérite également

    Notre empathie.

    Ses ennemis s’occupent déjà,

    À plein temps,

    De le critiquer.

    Ceux qui aident Israël et ses voisins

    À s’extraire de ce marécage

    Devraient, sans restriction aucune,

    Être encouragés.

  • Moïshe Rabeynou

    Fisch.

    J’adorais cette appellation

    dont ma mère affublait

    la sole

    qui nous était servie

    avec parcimonie

    lorsque nous étions

    Gott bahitt,

    que Dieu nous protège,

    malades.

    Car ce poisson était

    réputé délicat

    et donc approprié

    aux cas de grande faiblesse.

    Un peu comme la poule

    qu’on sert lorsque

    le patient,

    ou l’animal,

    est malade.

    Bref,

    le nom juif de ce poisson

    remontait aux légendes

    des communautés juives

    des Carpates :

    Moïse,

    en scindant

    la mer Rouge,

    aurait en même temps

    tranché certains poissons

    au passage.

    Mais l’article le plus vendu

    par notre voisin,

    le poissonnier Lazarovic,

    était bien entendu

    la carpe.

    Mais aussi ce poisson

    au nom fleurant le péché :

    le Moïemaïden,

    variante yiddishisée

    de mooie meiden,

    « jolies filles »

    en flamand.

    Qui, en fait,

    n’est qu’un merlu.

  • Étoile jaune

    Pourquoi la portaient-ils

    Volontairement

    Me demande la fillette

    De 10 ans

    Lors d’un de nos ateliers

    http://www.shorashim.be

    Témoignages Shoah

    Excellente question.

    Un non-choix

    En somme.

    Réflexe du moindre mal ?

    Obéir

    Pour échapper

    Au pire ?

    Quand le choix

    N’en est plus vraiment un

    Mais qu’il faut pourtant

    Continuer à choisir.

    Toute proportion gardée,

    Bien sûr,

    Cela me fait penser

    À notre époque.

    Entre le marteau

    Et l’enclume.

    Les « progressistes »

    Clament leur soutien

    Aux « Linke »

    Aux « Verts »

    Voire au LFI.

    Et bien sûr,

    Chez nous,

    Au PTB.

    Les « réactionnaires »

    Jettent leur dévolu

    Sur l’AfD,

    Le RN,

    Chez nous,

    Le Vlaams Belang.

    Les amis,

    Ce ne sont pas

    Des “choix”

    Pour certains,

    C’est simplement

    Éviter le pire.

    Parce que le pire,

    Nous le connaissons.

    On a déjà donné.

    Alors parfois

    On choisit

    Non pas ce que l’on aime,

    Mais ce que l’on croit

    Pouvoir éviter.

    Tournez manège.

  • Aïaïaï

    Assis à la Brasserie Verschueren,

    Haut lieu jeune et woke

    De notre belle capitale,

    Une fille pianote avec vigueur

    Sur son Apple

    Made in USA.

    Les PC étant réservés

    Pour les ploucs

    Comme moi,

    Avec la keffieh drapée

    De manière révolutionnaire,

    Comme naguère

    Les dames de la haute

    Qui portaient leur étole

    De zibeline,

    Pour rappeler

    Leur lignée à tous.

    La table à côté,

    Trônent trois autres

    Djeunes,

    Dans leur quarantaine

    Quand même.

    J’entends les mots,

    Trump,

    Gaza.

    De nos jours on les

    Prononce

    Comme un seul mot.

    Il ne manquait que

    “De la rivière à la mer”

    Pour parfaire la scène

    Sonore.

    Et puis,

    Tiens, tiens

    Ils parlent de

    l’IA.

    En anglais

    AI

    Aïaïaï,

    Chez nouzôtres

    Ce serait plutôt,

    Oïoïoï.

    Et pour ne pas oublier

    Nos très récentes origines,

    Je dois ajouter

    Ouïouïouï,

    Comme dans

    Bossemans et Coppernolle.

    On vient d’échapper pour le moment

    A la Grosze Katastrofe,

    Potentiellement provoquée

    Par l’IA

    L’intelligence,

    La vraie,

    Pas l’artificielle,

    A conduit

    Certains de ses concepteurs

    À demander

    De lever le pied,

    Quant à son développement

    Effréné,

    Pour essayer d’éviter

    Un Hiroshima mondial.

    Et puis

    On peut rêver.

    Pourquoi pas demander à Chat

    De nous concocter vite fait

    Une recette pour un monde meilleur

    Au Moyen Orient.

    Et tant qu’à faire,

    Trouver une manière

    De pacifier

    Nos congénères

    Qui ne nous veulent pas

    Toujours

    Que du bien…

  • Instalator

    Pour les yiddishisants,

    « Instalator »

    est un sketche

    de Djigan et Schumacher,

    un duo qui faisait

    hurler de rire

    les auditeurs

    A l’écoute de ces fameux

    vinyls 78 tours

    dans les années cinquante.

    Ah oui,

    « instalator »,

    c’est ainsi qu’on nomme

    En hébreu

    Un professionnel

    qui peut tout réparer

    et tout installer.

    Métier typique

    du gars qui n’a

    généralement aucune

    formation spécifique,

    mais pour qui

    le mot

    « impossible »

    n’est pas hébreu.

    Bref,

    un « instalator »

    a récemment pu

    déployer ses talents

    en se précipitant

    dans le cockpit

    d’un avion

    qui faisait

    La liaison

    Dubai–Tel Aviv.

    L’aéronef

    était en train de piquer

    vers le sol,

    pendant que le copilote

    tentait d’abattre

    Son chef

    à coups de hachette,

    Le prenant pour un sapin de Noël.

    Notre instalator

    a neutralisé

    le copilote,

    puis aurait utilisé

    le cordon des écouteurs

    distribués aux passagers

    pour l’immobiliser.

    Et finalement,

    il a réussi à redresser l’avion,

    Rien que çà,

    grâce notamment

    à quelques connaissances

    très basiques

    en pilotage,

    qu’il aurait acquises

    en regardant à la télévision

    la série documentaire

    « Mayday – Danger dans le ciel ».

    Ce héros des temps modernes

    pourra donc désormais

    ajouter quelques activités de plus

    sur sa carte de visite

  • Bollewinkel

    Et non Bohlwinkel,

    Ce personnage

    Aux traits carricaturalement

    Judaïques,

    Qui exprimait

    L’antisémitisme

    Parfois solidement

    Ancré parmi

    Certains “jeunes de 7 à 77 ans”.

    C’est en prenant congé

    Définitif

    D’un voisin du ghetto

    Où nous habitions naguère

    Ensemble à Anvers,

    La Jérusalem

    Du Nord,

    Que me sont revenues

    Quelques images

    Aux teintes sépia.

    Notre ruelle

    Comptait, outre ce bollewinkel,

    Confiserie en flamand

    Qui faisait également

    Bureau de tabac,

    Où j’allais chercher,

    Chaque jour,

    Au retour de l’école,

    Un Zémir filtre

    Pour mon oncle,

    Grand fumeur

    Devant l’Éternel.

    Il a d’ailleurs expiré

    Sa dernière bouffée

    Quasi centenaire.

    L’herbe à Nicot

    Est parfois moins nocive

    Pour certains

    Qu’on ne le prétend.

    Sa micro-bijouterie-horlogerie,

    Quatre mètres carrés

    Tout au plus,

    Était installée

    Dans un ancien “pissontje” ,

    Pissotière en flamand,

    Reconvertie

    Par notre société nationale

    Des chemins de fer

    En espace commercial.

    Et puis,

    Un peu plus loin,

    Un commerce juif

    De vélos,

    Dont le propriétaire

    Avait été champion

    Avant-guerre.

    S’appellant Kahan

    Je ne sais pas comment

    Ça roulerait pour lui

    Aujourd’hui.

    Le coiffeur Sam, lui,

    Officiait

    Dans son salon

    Pimpant,

    Son histoire se disait

    Par sa manche retroussée.

    Qui laissait entrevoir

    Un numéro.

  • Hakol beseder

    Tout baigne

    En hébreu.

    Alors qu’en réalité,

    Nous avons frôlé

    Le bain de sang.

    On entend dire

    Et répéter

    « Hakol beseder »

    Par un passager

    Qui tente,

    Tant bien que mal,

    De rassurer sa femme

    Et ses voisins,

    Tout en filmant

    Ce qui aurait pu devenir

    Son propre

    Message d’adieu.

    Lors de l’attentat

    Durant un vol

    Dubaï – Tel-Aviv.

    Une fois de plus,

    On peut malheureusement

    Constater

    Qu’à force

    D’attentats,

    De roquettes,

    De pogroms,

    L’exceptionnel

    Finit parfois

    Par ressembler

    À l’ordinaire.

    Presque

    Business as usual.

    Certains crient

    « Allah hou Akbar »

    Pendant qu’ils tuent

    Ou se tuent.

    D’autres murmurent

    « Hakol beseder »

    Comme pour dire :

    Attendons.

    Voyons venir.

    On verra bien.

    Inconscience ?

    Fatalisme ?

    Ou simplement

    Cette étrange faculté

    De continuer à vivre

  • Rachi

    Et mon papa
    avaient un point en commun.

    Mon père avait, bien entendu,
    fréquenté avec assiduité le heder,
    l’école primaire religieuse
    de son enfance.

    Il en savait un bout,
    lui aussi,
    sur le judaïsme.

    Non,
    ce n’est pas cela
    qu’ils avaient en commun.

    C’était le vin.

    Mon père
    avait appris le métier
    de vigneron.

    Tout comme Rachi,
    notre grand maître.

    Car Rachi ne vivait pas
    uniquement de ses écrits
    et de son enseignement.

    Il cultivait ses vignes
    et tirait sa subsistance
    de son travail.

    Une illustration
    de ce principe ancien :

    l’étude
    doit être accompagnée
    par le travail.

    Les grands de notre peuple
    l’ont souvent appliqué
    à la lettre :

    Hillel était ouvrier ;

    Rabbi Yo’hanan HaSandlar,
    cordonnier ;

    Rabbi Yéhochoua,
    forgeron ;

    Maïmonide,
    médecin.

    Certains, aujourd’hui,
    prétendent que l’ étude les dispense
    de devoir travailler.

    L’enseignement de nos maîtres a été détourné

  • Conscience


    C’est en lisant un article
    Scientifique
    pour ignare
    Que je suis,
    En la matière,
    Sur l’IA,
    Dont le titre
    Posait la question
    De la conscience,
    Qu’avait ou non
    Cette nouvelle bête
    Qui a décidé
    De nous accompagner
    Dans notre
    Monde nouveau.
    Pour la faire courte,
    Des chercheurs
    Auraient remarqué
    Que dans la couche
    Purement digitale,
    Entre l’input,
    La question posée
    Et la réponse offerte,
    La machine allait pêcher
    Des mots « Rien à voir »
    Dans des parties lointaines
    Du modèle.
    Serait-ce là
    Un signe
    De conscience
    De la machine ?
    Dans le cas positif,
    Faudrait-il implanter
    Cette partie du programme
    Chez certains humains ?
    Le monde
    S’en porterait
    Sans doute mieux.
    Car pour le moment,
    Nous sommes plutôt
    Parfois
    Dans le mauvais cas de figure

  • Questions difficiles

    Quelle belle école,
    Ces petits pious-pious
    Qui nous posent
    Des questions faciles.
    Et, ô surprise,
    La difficulté
    Est d’y répondre
    Le plus correctement
    Possible.
    Mon épouse est mon inspiration.
    Nos pious-pious sont,
    Curieusement,
    Mes sources de réflexion.
    Nous sommes assaillis
    De questions,
    Parfois compliquées,
    Et l’on attend de nous
    Des réponses rapides
    Et correctes.
    — Suivez mon regard —
    En moins de deux,
    On doit produire
    Des réponses simples,
    Univoques,
    Sans hésitation.
    Et de préférence
    Des réponses qui plaisent.
    Car les « Peut-être »,
    Les « Parfois »,
    Les « Cela dépend du contexte »,
    Voire « Je vais vérifier »
    Ou « Vérifions ensemble »
    Ne font souvent plus partie
    De nos conversations.
    Alors,
    En tant qu’interlocuteur,
    Mon rêve, parfois,
    C’est de rester
    Un enfant.