Bollewinkel

Et non Bohlwinkel,

Ce personnage

Aux traits carricaturalement

Judaïques,

Qui exprimait

L’antisémitisme

Parfois solidement

Ancré parmi

Certains “jeunes de 7 à 77 ans”.

C’est en prenant congé

Définitif

D’un voisin du ghetto

Où nous habitions naguère

Ensemble à Anvers,

La Jérusalem

Du Nord,

Que me sont revenues

Quelques images

Aux teintes sépia.

Notre ruelle

Comptait, outre ce bollewinkel,

Confiserie en flamand

Qui faisait également

Bureau de tabac,

Où j’allais chercher,

Chaque jour,

Au retour de l’école,

Un Zémir filtre

Pour mon oncle,

Grand fumeur

Devant l’Éternel.

Il a d’ailleurs expiré

Sa dernière bouffée

Quasi centenaire.

L’herbe à Nicot

Est parfois moins nocive

Pour certains

Qu’on ne le prétend.

Sa micro-bijouterie-horlogerie,

Quatre mètres carrés

Tout au plus,

Était installée

Dans un ancien “pissontje” ,

Pissotière en flamand,

Reconvertie

Par notre société nationale

Des chemins de fer

En espace commercial.

Et puis,

Un peu plus loin,

Un commerce juif

De vélos,

Dont le propriétaire

Avait été champion

Avant-guerre.

S’appellant Kahan

Je ne sais pas comment

Ça roulerait pour lui

Aujourd’hui.

Le coiffeur Sam, lui,

Officiait

Dans son salon

Pimpant,

Son histoire se disait

Par sa manche retroussée.

Qui laissait entrevoir

Un numéro.

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