Moïshe Rabeynou

Fisch.

J’adorais cette appellation

dont ma mère affublait

la sole

qui nous était servie

avec parcimonie

lorsque nous étions

Gott bahitt,

que Dieu nous protège,

malades.

Car ce poisson était

réputé délicat

et donc approprié

aux cas de grande faiblesse.

Un peu comme la poule

qu’on sert lorsque

le patient,

ou l’animal,

est malade.

Bref,

le nom juif de ce poisson

remontait aux légendes

des communautés juives

des Carpates :

Moïse,

en scindant

la mer Rouge,

aurait en même temps

tranché certains poissons

au passage.

Mais l’article le plus vendu

par notre voisin,

le poissonnier Lazarovic,

était bien entendu

la carpe.

Mais aussi ce poisson

au nom fleurant le péché :

le Moïemaïden,

variante yiddishisée

de mooie meiden,

« jolies filles »

en flamand.

Qui, en fait,

n’est qu’un merlu.

Leave a Reply

Discover more from Chronique de Yankele

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading