Kapara

Papa la faisait

Tournoyer au-dessus

De nos têtes.

On sentait discrètement

La chaleur de la bête

Un côté charnel,

Rassurant.

Pourvu

Qu’elle se retienne

De faire ses besoins..

C’est ce qu’on espérait

Tout en récitant la prière.

« Voici mon expiatoire

À qui je transfère

Mes péchés. »

Mais bien sûr,

Il s’agit du rite

De la Kapara

Signifiant l’expiation,

Que mes parents

Pratiquaient

Quand j’étais petit.

Entre Rosh Hashanah

Et Kippour

Rite millénaire,

Parfois contesté

Par certains de nos sages,

Pour son côté

Quelque peu superstitieux.

Ce poulet que l’on faisait

Tournoyer au-dessus

De nos têtes,

En marmonnant nos prières

Et en lui transférant ainsi

Nos péchés,

Était ensuite expédié

Par le sacrificateur,

Vers les steppes éternelles

Des poulets.

Faut savoir

Qu’en hébreu,

On appelle gentiment,

Son petit chouchou :

« Ma Kapara ».

Plus rien à voir

Avec le poulet sacrifié.

Juste une manière,

Un peu bizarre,

Je l’admets,

D’exprimer

Son amour infini.

Une façon de dire,

À l’envers,

Qu’on est prêt

À se sacrifier

Pour son enfant.

L’archétype

De la “yiddishe mamme”,

En est le résultat.

« Moïshele,

Si tu ne finis pas ton potage,

Je me jette par la fenêtre ! »

Soupir.

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