• He’s got the whole world in his hands

    Pour les croyants 

    C’est parfois plus facile

    Car dieu décide tout

    Mais pour les autres

    On pourrait s’inspirer 

    Qu’à contrario

    Dieu ou non

    Nous décidons

    De pas grand chose

    Nous sommes de petites fourmis

    Et risquons parfois 

    D’être écrasés

    D’une chiquenaude 

    Mais alors

    Que reste t il

    Le fatalisme? 

    Les fourmis portent

    A ce qu’il paraît

    Plus que leur propre poids 

    Sur leur dos 

    Je doute fort

    que je puisse le faire mieux 

    Cependant,

    Collectivement, parfois

    nous pouvons

    Changer certaines choses

    Ce n’est pas pour rien

    Qu’en 1830, à l’indépendance

     les “petits belches » 

    Ont choisi comme devise

    l’Union fait la Force

  • Prime cut

    Conférence à Bruxelles, le 24 juin dernier, organisée par la European Jewish Association.

    Elle faisait suite à une plainte judiciaire susceptible de conduire à l’interdiction, en Belgique, de la circoncision pratiquée par un mohel.

    Thème principal : la liberté religieuse au sein d’États qui se veulent démocratiques.

    Le prétexte, lui, était le prépuce.

    Cet intérêt pour la chose existe depuis que le premier zizi juif a été recensé.

    Durant la belle fête de Hanouka, nous nous souvenons déjà que les Grecs antiques, envahisseurs de la Judée, avaient un problème avec les zizis juifs

    Livresjudaïsme

    C’est d’ailleurs la première chose qu’ils ont voulu interdire.

    Pas le zizi.

    Sa circoncision.

    Lors de cette conférence, les trois religions monothéistes étaient réunies pour défendre la liberté de pratiquer.

    Un orateur chrétien nous a rappelé que la fête chrétienne de la Circoncision de Jésus, célébrée huit jours après sa naissance, le 1er janvier, qui constituait en quelque sorte le Roch Hachana de l’année chrétienne, a été abrogée par Jean XXIII en 1960.

    Quelle cassure dans une tradition séculaire.

    Enfin, il a été réconfortant de découvrir des statistiques récentes, issues d’études scientifiques, montrant que les circoncis souffrent moins de certains problèmes du zizi que les porteurs de prépuce.

    Mais ça, c’est une autre histoire.

  • Le 2ème Temple

    On fait souvent référence à sa chute.

    De même lors de la guerre de Kippour ou le 7 octobre,
    les mêmes réactions reviennent :
    on se lamente, on pleure,
    puis on se dispute sur ce qui aurait dû être fait et sur ce qu’il faut faire.

    Peu de voix s’élèvent pour dire clairement ce que nous allons faire ensemble.

    Résultat : division, dispersion.

    C’est ce que la tradition relie à la chute du Temple : la division interne, l’incapacité à construire une vision commune.

    Nous manquons de plans.
    Nous manquons de vision collective.

    La consternation est légitime.

    Mais l’histoire montre aussi autre chose.
    Dans le ghetto de Varsovie, au cœur du désespoir, des jeunes et des adultes ont choisi d’agir et de reprendre une forme de maîtrise de leur destin.

    Ils font aussi partie de ce qui nous permet d’être là aujourd’hui.

    Courage.

  • L’inconscient

    Aujourd’hui, je vous livre

    en première

    une excellente nouvelle.

    Bon, c’est vrai,

    une fois n’est pas coutume.

    Voilà.

    En préambule,

    et vous le savez autant que moi,

    l’intelligence artificielle

    nous envahit à grands pas.

    Et la question qui se pose :

    que reste-t-il de

    notre personne ?

    Car, selon nos observations,

    l’IA devient omnipotente,

    voire omnisciente.

    Bref, nous nous trouvons

    devant un gouffre

    dans lequel on nous précipite

    sans alternative aucune.

    Cependant, je vous invite

    à une petite réflexion.

    Nous avons une conscience, d’accord ?

    Et l’intelligence artificielle aussi, d’une certaine manière.

    OK, une conscience propre au gendre idéal.

    C’est comme cela qu’il est programmé :

    il nous déclame généralement

    ce qui nous plaît.

    Mais voilà,

    et voilà the news of the day,

    que dis-je,

    osons le mot,

    the news of the century :

    l’IA n’a pas d’inconscient.

    Dès lors :

    pas de lapsus,

    pas d’acte manqué,

    pas de rêve,

    pas d’oubli sélectif,

    j’en passe et des meilleurs.

    Mais surtout,

    SURTOUT, les amis :

    pas d’humour.

    Et là, son avenir est fichu.

    Il peut aller se recoucher.

    Le pôôôôvre.

  • Partir, mais où

    Partir, mais vers où ?

    Chuchotent certains de mes amis Juifs

    Cette question m’interpelle, me choque.

    Je n’aurais jamais cru y être confronté.

    Est-ce un délire collectif ?

    J’entends qu’on craint de se réveiller quand il sera trop tard.

    Sans vouloir être naïf, face à la situation exécrable dans laquelle nous nous retrouvons, les données sont quand même différentes d’antan.

    En 1933, année à laquelle on se réfère souvent, l’État de droit allemand avait déjà tourné la page.

    Il est vrai qu’aujourd’hui, notre État de droit détourne pudiquement le regard.

    La foule hurle.

    La presse, qui se drape dans sa toge de respectabilité, voire d’éthique, excite les esprits, par ignorance ou par crétinisme.

    Pour moi, la situation est claire.

    La Belgique est mon pays.

    Mon Heimat, quoique je sois né ailleurs.

    Et comme disait naguère la publicité populaire, pour une bière bien belge “de chez nous »  :

    — Chez moi, c’est près de ma Stella. —

    Et à ceux que je ne plais pas, eh bien, je leur dis :

    Qu’ils se tirent.

    Allez !

    Ouste !

    C’est à vous de dégager.

  • La beigne

    Effectivement,

    je me la suis encaissée

    en pleine tronche.

    Comme je suis en cumulard,

    j’ai pris l’initiative, l’autre jour,

    de me porter candidat 

    Comme formateur

    dans un centre d’alphabétisation,

    dans un quartier dit chaud

    de notre belle capitale.

    Accueilli à bras ouverts,

    accompagné de moult youyous.

    Oui, littéralement.

    L’absence de drapeaux palestiniens,

    d’effigies de pastèques tricolores,

    m’avait ôté tout soupçon.

    J’étais tombé dans un repaire

    de vrais progressistes,

    laïcs, pur porc.

    De plus, étant multilingue

    Diplômé universitaire

    Ayant plusieurs années d’expérience

    Dans une école de devoir 

    J’étais le candidat

    Idéal 

    M’ont-ils dit

    Mais voilà.

    J’ai dû présenter,

    par mail,

    ma carte d’identité.

    Mon Ausweis.

    Alors là,

    j’ai reçu un petit mot par retour de courrier,

    de la taille d’un confetti digital,

    m’informant

    de l’impossibilité de m’engager,

    par manque d’un certificat d’aptitude,

    dont ils ne pouvaient me fournir

    les détails.

    A propos de détail,

    un tout petit, de rien du tout,

    Je suis né en Palestine occupée.

    Cette carte d’identité,

    c’est pire qu’un collabo

    durant la dernière guerre.

    Manque de bol.

  • Dol

    J’ai dol.

    C’était un mot qu’Henri Troyat aimait utiliser dans ses romans historiques.

    Dol de quoi ?

    De lire et d’entendre des personnes intelligentes,

    super instruites,

    se relâcher,

    je dirais même abandonner

    leurs idéaux premiers et nobles,

    en utilisant des paroles qui cognent et détruisent

    sans appel.

    Alors des musulmans deviennent TOUS des islamistes.

    Des opinions différentes deviennent TOUTES des paroles de trahison.

    Les Verts deviennent TOUS des antisémites.

    Mais alors,

    des Juifs deviennent TOUS malhonnêtes ou véreux ?

    « Ce qui est haïssable pour toi, ne le fais pas à ton prochain. »

    dit Hillel, un de nos grands sages.

    Et il poursuit :

    « C’est là toute la Torah ; le reste n’est que commentaire. Va et étudie. »

    Bien parlé, Hillel l’Ancien.

  • Tentes

    « Qu’elles sont belles tes tentes, Jacob,

    tes habitations, Israël »

    Dixit Balaam,

    le mage du roi Balak,

    en voyant passer à l’horizon,

    avant que Moïse ne traverse le Jourdain, direction Israël, avec sa horde de loqueteux, de retour d’un stage longue durée en construction d’immeubles en terre d’Égypte.

    Bien d’autres excursions, généralement involontaires, suivront.

    Un compliment qu’on aimerait bien entendre aujourd’hui.

    Et pourtant.

    En fait, Balak avait commandé, à cette occasion, à son mage Balaam, une malédiction contre le peuple juif lorsqu’il passerait dans les parages.

    Mais il a sans doute voulu jouer un mauvais tour à son patron…

    et a changé la formule magique négative en bénédiction, genre compliment.

    Oui, ces malédictions étaient de mise à l’époque.

    Version harcèlement à distance.

    Mais cékwassa :

    « Qu’elles sont belles tes tentes, Jacob, tes habitations, Israël. »

    VolsIsraël

    En simplifiant beaucoup, sans s’engouffrer dans des détails linguistico-philosophiques, la première partie de la phrase renvoie plutôt à l’aspect matériel, physique.

    La seconde, à une dimension plus spirituelle.

    Un très beau compliment, ma foi.

    Quelque chose comme :

    « Quel beau peuple vous avez bâti. »

    Bon.

    Ça ne risque pas vraiment de se produire actuellement sur les réseaux sociaux.

    Mais enfin, ça a existé.

    Au moins une fois.

    Et comme l’histoire se répète, dit-on,

    espérons.

  • Schadenfreude

    Notre chère radio francophone

    Nationale

    S’est délectée une fois de plus

    D’une interview d’Israéliens

    Tourismeen Israël

    Qui se trouvent à leurs yeux

    Du bon côté de l’histoire

    Et qui crèchent

    Et c’est leur droit le plus total

    En … Italie

    Alors ce n’est pas tant

    La question de savoir

    Si Israël commet ou non

    Un génocide.

    Le quidam interviewé l’affirme 

    Dans cette émission.

    Et dans un contexte démocratique

    C’est son droit. 

    La Radio-télévision belge de la Communauté française

    Qui se passe d’informer

    Notre public local

    De la complexité de la situation en Israël

    La vie de tous les jours, à proximité

    Des abris

    L’incertitude quant à l’avenir

    Le trauma du 7 octobre

    Consacre une émission entière

    À interviewer une poignée d’Israéliens

    Tourismeen Israël

    Qui ont fait le choix privé 

    De refaire leur vie ailleurs 

    Et se tapent pour cela

    Le sud de la Botte.

    Oui, cela m’interpelle furieusement.

    Ah, la quête de la Pravda,

    La Vérité en français !  

    Intrépides, ces journalistes

    Ne ménagent pas leurs efforts

    Pour ce périple agréable

    Vers le Sud riant d’Italie.

    Qui pourrait le refuser ?

    Et encore ceci

    Pour ceux qui ne le savent pas:

    Schadenfreude est ce délicieux mot allemand 

    Qui exprime

    Le léchage de babines

    A se rincer l’oeil

    A la vue du malheur des autres.

  • Panem et circenses

    Nul n’est prophète dans son pays 

    Cependant

    J’avais juré craché,

    Que les parlottes

    Propal, qui faisaient

    Depuis bien longtemps 

    Le bonheur

    De la foule, 

    Serait engloutie à la première

    Occasion

    Par une déferlante footballistique.

    J’aurais dû accepter,

    Les paris.

    En ces jours de gloire

    Que ce soient

    Dans les commerces, les marchés

    Ou dans les bistrots

    Un seul sujet

    Le ballon rond.

    Le sujet obsessionnel,

    Moyen-oriental,

    Qui empêchaient nos braves gens

    De dormir la nuit

    A cause du colonisateur

    Que vous savez,

    A soudainement fondu.

    Plouitch.

    Ce n’est pas la fin des haricots, sans doute,

    Mais une pause,

    Bien méritée.

    Merci

    à tous les Maradona de la terre.