• Patouchanozizi

    Une fois n’est pas coutume… enfin si, justement : cela revient avec une régularité assommante.

    Il y a ces gens qui prétendent n’avoir qu’une seule préoccupation : notre bien-être. Ou, plus précisément, celui de nos entrejambes — enfin, surtout ceux de nos bambins.
    À les entendre, c’est même leur unique souci lorsqu’il s’agit de nous.

    On pourrait imaginer qu’ils organisent de grandes marches contre l’antisémitisme.
    Qu’ils soutiennent ardemment l’État d’Israël.
    Eh bien non.

    Tourismeen Israël

    Le grand problème, à leurs yeux, c’est ce petit — ou grand, selon leurs fantasmes — organe. Ou plutôt la délicate peau qui l’entoure.

    Je comprends parfaitement les femmes mutilées par l’excision, l’infibulation et autres « joyeusetés », qui en portent les séquelles durant toute leur existence et qui, un jour, se révoltent contre ces pratiques.

    En revanche, je n’ai jamais rencontré un homme circoncis ayant décidé d’attaquer ses parents ou son circonciseur en justice pour torture.

    Alors que chacun s’occupe de son zizi… et les cochons seront bien gardés.

  • Voyager

    Il s’agit bien de Voyager. Pas le verbe — le satellite. Celui qu’on a lancé il y a près de quarante ans, prévu pour durer quelques années tout au plus, et qui file encore, imperturbable, quelque part dans les espaces interstellaires.

    Quand il le décide, l’homme est capable d’un génie lumineux — bâtisseur autant que destructeur.

    J’ai lu dans une gazette digitale que ce petit engin sera encore là quand nous, habitants provisoires de cette petite sphère hospitalière, aurons disparu depuis belle lurette.

    Plouitch. Plus rien. Nada. Nichts. Shoum davar.

    Et c’est souvent en marchant le long de la mer du Nord, face à l’horizon, entre la ligne d’eau et le sable à marée basse, que cette idée d’éternité me saisit.

    Voyager, lui, poursuivra sa route dans l’infini de l’espace-temps — à moins qu’il ne soit happé par un trou noir ou réduit en cendres pour avoir frôlé d’un peu trop près une étoile.

    Mais nous ?

    Nous sommes, d’une certaine manière, tout aussi éternels.

    Je m’explique. Avant notre naissance : aucune conscience. Après notre mort : aucune non plus.

    Notre vie n’est qu’une parenthèse de conscience — étroite, fragile — enchâssée dans le temps et l’espace.

    Avant ? L’éternité.

    Après ? L’éternité.

    Au fond, la parenthèse est brève. L’éternité, elle, ne l’est pas.

    Chouette, non ?

    Nous sommes éternels.

  • Tefilin

    Levons les voiles,
    pour dévoiler l’insolite.
    Cela se passe à Bruxelles,
    capitale du pays du surréalisme.
    Ceci n’est pas une pipe,
    ni une blague belge.
    Nous sommes dans une petite école catholique, néerlandophone,
    dans un quartier populaire, maghrébin, un peu bobo aussi.
    Je dois l’avouer.
    Une classe de petites têtes — pas blondes.
    Cours de religion catholique.
    Élèves musulmans, pratiquants.
    Et là… Yankele, enfant de survivants de la Shoah,
    enseigne les rudiments du… judaïsme.
    À la demande expresse de l’instit.
    Les prophètes que nous avons en commun.
    Les livres sacrés.
    Les fêtes juives.
    Je mets les téfilines, avec le talith.
    On me demande de chanter une prière.
    Je récite le Shema, avec les cantillations.
    Une petite fille me demande si la classe peut réciter une sourate,
    en réponse.
    Moment magique.
    Suspendu dans le temps.
    Étincelle de lumière.
    Alors, pour les sceptiques :
    cela s’est passé en 2024.
    Et en 2025.
    Rendez-vous est déjà pris pour 2026.

  • Phoques

    F*ck the Jews.

    Congrès des phoques : Meurtres sur la banquise des bébés phoques.

    Les phoques parlent des phoques, à des phoques, sous le regard embué… des phoques.

    Salle comble

    Ordre du jour

    1  pourquoi on nous tape dessus

    2  comment ça résonne dans nos chairs

    Pause café. Entre phoques. Sans glace.

    3  mémoire intergénérationnelle du gourdin

    4  stratégies phochaines de résilience

    ________

    On hoche la tête avec conviction.

    On n’a pas besoin de tout expliquer. Toujours les mêmes histoires.

    Émotion partagée.

    Silences qui disent le reste.

    Dehors ?

    Dehors ?

    Rien de tout ça.

    Pas de congrès monté par d’autres, pour d’autres,

    sur ce qui arrive aux Juifs

    Clap clap.

    Toujours avec des nageoires.

  • Bourdon

    Comment ne pas l’avoir.

    Pour certains, c’est un mal au cœur.

    Pour d’autres, c’est plus bas que ça.

    Les tripes.

    Les kishkes.

    Farcies dans un bon tcholent — rien de tel.

    Pour les connaisseurs avertis, s’entend.

    Mais bon.

    Depuis le 6 octobre, on déguste…

    pas vraiment comme on aurait aimé.

    Non, je ne suis pas pleurnichard.

    Quoique, franchement, il y aurait de quoi.

    Merci, sans façon.

    Mais le bourdon, pour moi, c’est surtout le battant.

    Celui qui cogne, qui oscille, qui revient.

    Je le compare — à qui veut bien l’entendre —

    à l’aller-retour de nos tsoures

    à travers notre longue histoire.

    Les tsoures, pour les non-ashkénazes :

    nos déboires.

    En nettement pire.

    Bon, explique, Yankele,

    parce que là, ça devient plus obscur

    que le sheol, la géhenne… enfin, vous voyez.

    Ce que je veux dire, très simplement :

    après la pluie, le beau temps.

    Le seul hic,

    c’est que chez nous,

    l’amplitude du balancier…

    personne ne la connaît.

    Déjà au début du siècle passé,

    à Vienne — capitale de l’intelligentsia —

    Lueger se fait élire

    sur un programme ouvertement antisémite.

    Pas terrible pour nouzôtres.

    Et flanqué d’un adjoint… juif.

    Déjà à l’époque,

    être “un bon juif”,

    ça pouvait prendre des chemins… particuliers.

    Puis le bourdon repart dans l’autre sens.

    Et revient.

    Toujours plus fort.

    Toujours plus mal.

    Et puis les Sixties.

    Mai 68.

    Tous ensemble —  juifs et gentils —

    Judaïsme

    regardent un horizon rose, égalitaire,

    nie wieder…

    Alors maintenant,

    nouvel épisode.

    Dans l’autre sens, les amis.

    Ça passera.

    Mais quand ?

  • Condamné de vivre… à perpette

    Juré, craché, je ne dirai plus une seule fois cette fois ci, juif ou antisémitisme.

    DéfinitionAntisémitisme

    Trop de reproches me sont faits, à ce sujet, alors je me tais – juste cette fois ci.

    Mes pas longent le bord de la mer et mes pensées s’évadent au delà de l’horizon. Grise est la mer, gris est le ciel. Les deux ne font qu’un. C’est ici que commence l’infini dans ma pensée.

    Et voilà que le mot « perpétué » jaillit dans mon esprit.

    Per pé tué

    Père pas tuer ?

    Tout autant que certaines personnes réfléchissent, ergotent, écrivent sur ce mot que je ne vais écrire, moi c’est son contraire qui me pose question.

    La pérennité de l’autre mot que je ne vais citer.

    Les réponses sont multiples mais ne me satisfont pas.

    Prenons les bals yiddish, les chants idoines. La bouffe, le schmalz qui dégouline, les blagues…

    La pérennité ne peut être entretenue seule par des blagues, même bien contées (cf mon billet précédent *)

    Alors c’est quoi, rontonjuuu?? (Expression que mes amis belges comprendront)

    Aïe, je n’ose pas oser. Je vois déjà vos doigts croisés (en croix), j’entends le vade rétro Satana, et autres injonctions diverses, les jets de gras crachats par terre.

    Bon, Accouche.

    Les « Saintes études ». Eh oui, ces bonshommes habillés de redingotes noires, des pantalons ad-hoc, des crolles (autre belgissisme) qui pendouillent, des barbes pour les post pubères..

    Ce sont les étudiants du présent.

    Mais ces livres, le Talmud, c’est-à-dire les livres qui reprennent la loi divine et, par extension partielle, la loi civile, sont étudiés depuis 2000 sans interruption. Immuablement.

    Une chaîne du  savoir et du savoir-vivre.

    Et la « père pas tuer »?

     Pas tuer le Père.

    Exactement. On s’accroche à ne pas pas le tuer.

    Par l’étude.

  • Courage

    C’est le mot qui me vient.

    Dans un environnement où le mot juif ne circule plus qu’à charge.
    Où il apparaît dans les phrases comme une faute, jamais comme une évidence.
    Où il s’accompagne d’un regard, d’un soupçon, parfois d’une agressivité à peine voilée.

    Où l’on vous explique, avec aplomb, que vous êtes « du mauvais côté de l’histoire ».
    Où être juif, c’est devoir argumenter, contextualiser, nuancer… exister sous condition.
    Où l’on vous suggère, gentiment bien sûr, d’être discret.
    Invisible, si possible.

    Où les phrases commencent par des « oui, mais… »
    Où des amis d’hier deviennent silencieux — ou pire.
    Où la solidarité avec la population israélienne devient suspecte par principe.
    Où, pour condamner l’antisémitisme, il faudrait presque s’excuser de le faire.

    Et pourtant.

    Hier, à Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, il s’est passé quelque chose.

    Un geste clair. Net. Sans « oui, mais ».

    L’Église belge a posé un acte.

    L’inauguration d’une plaque commémorative, sous un vitrail du XIXe siècle représentant des  Juifs accusés de profanation d’hostie.

    Communautéjuive

    Voici ce qui y est gravé, en quatre langues :

    Nous reconnaissons que dans plusieurs régions d’Europe, à la fin du Moyen-âge des accusations d’hosties furent portées contre les communautés juives. Ces calomnies infondées, souvent issues de la peur ou de l’ignorance religieuse, ont entraîné des persécutions, des massacres et des expulsions injustifiables.
    Ce fut le cas à Bruxelles en 1370, lorsque les Juifs furent exécutés et la communauté juive ensuite expulsée du Duché de Brabant. Plusieurs vitraux de la cathédrale se réfèrent à ces événements, ainsi qu’au culte eucharistique qui s’en est directement inspiré.
    L’antijudaïsme théologique et social est en contradiction directe avec l’Evangile du Christ, qui appelle à la vérité, à la justice et à la fraternité.
    Nous demandons pardon au peuple juif pour les souffrances que ces accusations ont engendrées. Nous réaffirmons, en fidélité à la déclaration « Nostra Aetate » promulguée en 1965, au 2e Concile du Vatican et « à la purification de la mémoire » voulue par le Pape Jean Paul II, notre engagement à combattre toute forme d’antisémitisme, à approfondir le dialogue entre juifs et chrétiens, et à transmettre aux générations futures une mémoire lucide, fondée sur la reconnaissance de la vérité sur le respect mutuel.Luc Terlinden, archevêque de Maline-Bruxelles
    Le 22 avril 2026

  • Androïd, l’autre Yid

    C’est celui qui se cache en nous. Car oui, nous sommes toujours deux.
    Ceux qui parlent de complot n’ont donc pas tout à fait tort.

    Nous ne sommes pas quarante mille en Belgique, mais bien quatre-vingt mille.
    Et si l’on n’oublie pas d’appliquer la TVA — sans parler de la ristourne pour familles nombreuses — on atteint sans peine les cent mille.

    Sinon, comment expliquer que le Juif, voulant simplement répondre « yoh » (oui) à un ami qui lui propose un café, soit incapable de prononcer ce mot limpide ?
    Non. Il lui sort, réflexe pavlovien oblige : « farvousse niche ? » – Pourquoi pas ?

    C’est donc l’autre Juif qui parle en nous. Celui qui passe toujours avant tout le monde — quitte à nous écraser le gros orteil au passage.

    L’autre nuit, le sommeil me boudant, je me suis lancé dans un mantra mosaïque, selon mon usage.
    Bon, d’accord, les mantras tibétains sont sans doute plus mélodieux. Mais traduits en yiddish, ils perdent un peu de leur charme — un goût de lait de yak rance, disons, un ersatz de schmalz montagnard pour assaisonner une tsampa résignée. Les pauvres.

    Mais je m’égare.

    Donc, mon mantra.
    Cette nuit-là, je pioche dans les grands classiques : les Dix Paroles.
    Celle qu’alla chercher Charlton Heston sur le mont Sinaï, dans un des premiers films en Technicolor — il y a bien cinquante ans, soit dix de plus que l’errance dans le désert éponyme.

    Je récite. Je compte. Je recompte.

    Et là — horreur : je n’en trouve que neuf.

    Le premier ? Un simple prologue :
    « Je suis l’Éternel ton Dieu, qui t’a fait sortir d’Égypte, de la maison des esclaves ».

    Une présentation, en somme.
    « Coucou, me voilà — et au passage, je t’ai sorti d’Égypte ».
    Franchement, au regard de certains exploits cités dans la Genèse, on a vu plus spectaculaire.

    Je tourne le verset dans tous les sens.
    Pas la moindre trace d’ordre ni d’interdit.

    Et là, comme disent les Flamands dans mon moi-même — qui, eux, ont de la chance : une seule N-VA (parti nationaliste flamand) et un seul moi-même — je tombe sur un os. Même pas à moelle, celui qui parfume si bien le bouillon du shabbat.

    Et j’imagine l’horreur — et le mot est faible :
    corriger des milliards de livres. Moins, bien sûr, ceux qui ont déjà brûlé dans quelques autodafés historiques.

    Imaginez :

    Les Neuf Commandements

    Je poursuis ma réflexion.

    Je revois l’Arche sainte dans la synagogue, les Tables de la Loi au-dessus, et ces commandements en version sténo :
    « Je suis », « Tu n’as pas », etc.

    Et là, franchement :
    des générations de fidèles, pendant des millénaires — j’exagère à peine — regardent le Décalogue défiler en continu, sans écran digital, et personne ne remarque qu’il n’y en a que neuf ?

    Ça fait peur.

    Bon, à leur décharge : le manque de place sur les tablettes.
    À force d’écrire en version ultra-zippée, forcément… ça dérape.

    Mais alors — où est la vérité ? La vraie ? La Pravda ?

    Après mûre réflexion, une idée me vient :
    et si on lisait ce premier verset… à l’envers ?

    Renverser le verset — quoi de plus renversant.

    Je dois avouer que c’est l’androïde en moi qui m’a soufflé l’idée.
    On peut toujours compter sur l’autre Yid.

    Et voilà que le texte change :
    « Je t’ai fait sortir d’Égypte, de la maison des esclaves ; je suis ton Dieu, l’Éternel ».

    Et là — enfin — quelque chose apparaît.

    Un commandement, peut-être.
    Le seul qui vaille tous les autres :

    L’obligation de liberté.

    Je t’ai sorti de ce pétrin.
    À toi de ne pas tout gâcher.

    Reste libre.

  • J’attends

    Avant, on disait : “je l’ai lu dans la Gazette.”

    C’était imprimé, donc sérieux. Ou du moins, ça en avait l’air.

    Sur RTL, on parlait de réclame.

    Dans la Gazette, on parlait de nouvelles.

    Aujourd’hui, sur Facebook, X ou LinkedIn, on fait les deux à la fois.

    Un mélange étrange : un peu d’informations, beaucoup d’opinions… et parfois une pointe d’auto-promotion.

    Mais le vrai bouleversement est ailleurs.

    Avant, il y avait quelques voix.

    Aujourd’hui, il y a cinq milliards et demi d’adultes.

    Donc cinq milliards et demi d’experts — autoproclamés, bien entendu.

    Car nous savons tous presque tout.

    Ou plutôt, nous croyons savoir.

    Nous analysons des conflits complexes en trois lignes.

    Nous tranchons des débats historiques en un post.

    Nous distribuons bons et mauvais points à gogo.

    Moi, ce qui me chagrine, ce n’est pas tant le volume.

    On peut s’y habituer.

    Non.

    Ce qui me chagrine, c’est le contenu.

    Une prose saturée de constats (comme celui-ci, je plaide coupable),

    de reproches,

    de réprobations,

    et parfois de révoltes.

    Mais des solutions ?

    Des vraies.

    Des sérieuses.

    Des construites.

    Celles-là, il faut les chercher… au microscope électronique.

    Alors j’attends.

    J’attends autre chose que des indignations en rafale.

    J’attends autre chose que des certitudes jetées à la figure du monde.

    J’attends une idée.

    Une seule.

    Mais solide.

    J’attends.

  • Sans blague ?!

    L’autre jur, je fais un truc parfaitement sérieux :

    Je demande à Chat GPT de me raconter une blague juive.

    Comme disent nos jeunes : ce qu’il me crache instantanément

    est pourri

    Mais vraiment,

    une blague triste,

    Une blaque qui al’air d’avoir été

    pasteurisée à haute température,

    puis mise sous vide.

    En soi, cette info n’a aucune importance.

    Et pourtant, elle est très probante.

    Je m’explique :

    Quand je vais dans les écoles, dans le cadre de mes activités et de mes combats contre l’antisémitisme, j’aborde toujours le thème des stéréotypes.
    Et là, ça fuse.
    Les juifs : riches. Intelligents. Dominant le monde.
    La totale. Le pack complet. Le menu XXL.
    Alors forcément, je me dit :
    « Eh eh eh… mais où veux-tu en venir, Yankele ? »
    Minute, papillon.

    ChatGPT nous domine déjà, non ?
    Il répond plus vite que nous, il écrit mieux que nous, il synthétise, il argumente, il improvise, il fait des dissertations, il fait même des poèmes.
    Bref : il fait tout. Sauf… raconter une blague juive correctement.
    Et là, je me dis :

    Mais qui domine ChatGPT ?
    Mais oui : les juifs, voyons !
    Ben sang, bon Dieu : si les Juifs dominaient vraiment le monde, ChatGPT raconterait des blagues juives comme un juif.
    Or il ne le fait pas.
    CQFD : les juifs ne dominent pas le monde.
    Voilà. C’est réglé.

    Mais du coup, question sérieuse (oui, j’en ai parfois) :
    Pourquoi les blagues juives sont-elles savoureuses quand elles sont racontées par des juifs ?
    Vaste question.
    Et en vérité, je ne me la suis jamais posée.
    Est-ce la blague elle-même qui exige que son conteur soit juif ?
    Ou est-ce l’intonation ?
    Le rythme ?
    Le petit soupir au bon moment ?

    Cette façon très particulière de dire l’absurde comme si c’était la chose la plus normale du monde ?
    Il est vrai qu’on demande toujours à un juif de raconter une blague juive.
    Et il est tout aussi vrai que les juifs s’obstinent à vouloir en raconter… et à vouloir en écouter.
    Et là, je me suis dit : on tient un outil.
    Un indicateur révélateur pour mesurer la sensibilité émotionnelle envers les juifs : tu racontes une blague juive, et selon la réaction… on comprend mieux la disposition.  
    Un test infaillible.
    Un philosemitomètre.
    Je dépose le brevet.
    Promis.
    Bon… je crains les résultats.
    Soit.
    Look at the bright side of life.