Tombe fraternelle

Traduction littérale de
Kever akhim
en hébreu.

C’est le mot qui m’est venu
naturellement
quand je suis tombé
sur ce cimetière caché
au milieu d’une forêt,
au bout d’un méchant sentier.

Steinholz, en Souabe.

Plus de cinq cents
âmes s’y sont envolées,
arrachées à leurs propriétaires,
juifs,
et dont les dépouilles ont
été jetées dans une fosse,
comme des détritus.

Au milieu de nulle part.
Loin des regards.

En me renseignant
sur la localisation de ce camp,
même les autorités locales
ne savaient pas très bien
où m’orienter.

La grille du cimetière était close.

Une plaquette indiquait
que la clé était à disposition
auprès de la communauté juive
locale.

Qui
n’existe plus.

J’y ai pleuré
mes grands-parents,
mes tantes et mes oncles,

qui, eux,
n’ont même pas eu droit
à
une fosse.

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