Abonnés absents

Je lis dans une biographie

intéressante

de Léon Blum

que ce jeune homme

brillant, beau causeur,

poète, coqueluche des salons,

a découvert l’antisémitisme

lors de l’affaire Dreyfus.

En tant que haut fonctionnaire,

il a essayé de rester

« neutre ».

Comme tant de ses collègues

coreligionnaires.

Dans un esprit républicain,

tout le monde est réputé

égal devant la loi.

Mais voilà.

Durant cette période,

l’antisémitisme était

clairement affiché.

Dans la presse,

à l’extrême droite,

mais aussi à l’extrême gauche,

dans certains milieux catholiques.

Moins chez les protestants.

Peu à l’université.

Ouf !

Un air de déjà-vu ?

Au moins, à cette époque,

les antisémites

n’étaient pas

aux abonnés absents.

De nos jours,

je ne parviens plus

à débusquer

un antisémite.

On utilise des synonymes.

Moins encombrants.

Plus chics.

Plus corrects

politiquement.

Des antisionistes, par contre,

à la pelle.

Sous Staline,

c’était

l’anti cosmopolitisme.

Et puis, au fil de notre histoire,

d’autres mots,

d’autres habits :

l’antiracisme,

l’anticolonialisme,

l’antifascisme…

Il y en a

pour tous les goûts.

De vrais synonymes.

Au moins,

quand on nomme

clairement le mal,

on peut en parler.

Allez, les antisémites…

Un peu de courage !

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