Brusselmans

C’est suite, à la question :
L’antisémitisme a-t-il subsisté
En Belgique,
Après la guerre ?

Que je raconte cette tragi-comédie belge,
En guise de réponse
À mes auditeurs bavarois,
Dans une école.

Tragi : un simulacre de justice.
Comédie : l’argument invoqué par l’artiste.

Le caricaturiste belge Brusselmans,
Qui dans son dessin du juif au nez crochu,
Écrit en guise de commentaire :
” Lorsque je croise un juif dans la rue
J’ai envie de l’égorger..”

Paru récemment, dans un hebdomadaire connu.

Chez nous,
La liberté de parole
Passe avant l’incitation à la haine,
Voire au meurtre.

Mes hôtes ont failli s’étrangler,
Dans les bretelles de leurs
Lederhosen, pour les hommes
De leurs Dirndl, pour les dames,
En entendant ce “fait divers” belge.

Je visite en ce moment
Le berceau du nazisme.
Munich est à un jet de pierre.

Il est vrai qu’en Haute-Bavière,
Les communautés juives
Ont disparu depuis des siècles.

N’empêche,
L’antisémitisme, ici,
N’est pas un sujet anodin.

En Allemagne,
La lutte active, contre ce fléau
Est inscrite dans la loi.

Dans l’école où je suis passé ce matin,
Ils n’avaient jamais entendu
De témoignage “live” sur la Shoah
Avant ma venue.
Pour la plupart,
J’étais le premier juif, qu’ils rencontraient
Dans leur vie.

L’attention des élèves était permanente.
Questions intelligentes.
Émotions fortes.

Cette phrase,
Qu’on répète ici à l’envie :

La génération présente n’est
Pas responsable des crimes
De ses ancêtres,
Mais bien totalement responsable
De faire en sorte,
Que cela ne se reproduise plus jamais.

Dans chaque Land :
Des délégués à l’antisémitisme,
Des budgets dédiés,
Des publications,
Des formations.

Quand le berceau du crime
Devient finalement son pourfendeur.

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