Kreplach

Le grand jour est presque

À nos portes.

Sauf que chez nouzôtres,

À l’an neuf,

Au lieu de se bourrer la gueule

Comme il se doit,

On gémit et on pleure,

Pour implorer le pardon.

D’abord, à nos proches et amis,

Ensuite seulement

Et l’injonction en est très claire,

Au Bon Dieu,

Pour autant qu’on en soit

Adepte.

À nos ennemis.

Ma mère leur souhaitait,

De tout cœur,

Qu’ils soient réduits

En kreplach fleisch.

Viande hachée

Euh…

Kekseksa ?

Et pourquoi pas

En bœuf bourguignon ?

C’est en préparant

Cette farce,

Dans le sens

Gastronomique du terme,

De ce légendaire

Ravioli

Qui viendra garnir

Le bouillon de Rosh Hashanah,

Que m’est revenue la signification

Du « kreplach ».

Viande rouge hachée à l’intérieur,

Pâte blanche pour l’enveloppe :

Le rouge pour la rigueur de la Loi,

Le blanc pour la mansuétude

Du Juge.

Ces symboles qui se mangent

Flattent notre palais,

Mais enrichissent aussi

L’esprit.

Ah oui, la malédiction de ma mère…

Vous l’aurez compris,

À Bruxelles, on appelle ça

Le kipkap,

Onomatopée qui en dit

Long.

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