Oser rester soi

Alors, encore un petit billet,

orienté fêtes, dites austères,

avant le Grand Pardon.

Ensuite, je passe à un autre

registre.

Juré, craché.

Donc, ce rabbi Amnon,

dont la tradition rappelle l’histoire

lors de Kippour,

expire précisément

ce jour-là,

il y a de cela

bien longtemps,

après qu’on lui eut coupé

les bras et les jambes.

Son tort ?

Avoir refusé

d’abjurer sa foi.

À la demande insistante

de son protecteur,

et ami,

le grand ponte local,

qui n’avait pas apprécié,

mais alors pas du tout,

qu’il persiste

à vouloir rester

ce qu’il était.

Comme quoi,

l’amitié a parfois

des exigences surprenantes.

Terrible choix.

C’est un peu la même

ritournelle

qui revient sans arrêt :

oser rester soi.

À quel prix ?

Dur, dur d’être

un juif de cour.

Ou un juif,

tout court.

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