7141127


Caserne Dossin 1942
Transit sans retour
vers les camps de la mort
Dans la cour de cette caserne
qui, en 1971, avait depuis longtemps retrouvé sa fonction d’origine,
j’erre.
Moi, le matricule 7141127,
gravé sur ma plaque d’identité militaire,
et non sur mon avant-bras.
On progresse, quand même.
Et pourtant…
Le soir, toute la troupe s’engouffre dans la cantine.
Tradition oblige.
Ce n’est pas le gros rouge des tranchées de la “der des der”,
mais la bonne bière belge,
qui coule à flot,
presque au frais de la princesse — ou plutôt du contribuable.
À mon uniforme de la Force aérienne,
j’ai ajouté une kippa.
On ne peut pas dire qu’on ne me remarque pas.
Si quelqu’un souhaite faire plus ample connaissance…
Je n’ai pas dû attendre longtemps.
Après les libations vient le moment du in vino veritas.
À nonante dans la chambrée,
un grand courageux,
Après l’extinction des feux,
lâche du fond de la salle :
« Ils auraient tous dû vous brûler. »
Silence dans la salle.
Silence.

Leave a Reply

Discover more from Chronique de Yankele

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading